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Les sentiers de la guérison Family Violence Prevention in Aboriginal Communities


 
…les mauvais traitements ne sont JAMAIS de la faute de la victime. Demandez de l’aide. Savoir vers où se tourner pour obtenir de l’aide représente la première étape du parcours.
 
Les Sentiers de la Guerison
La violence et les mauvais traitements dans les relations interpersonnelles nuisent à la personne, à la famille et à la collectivité.
 
Qu’est-ce que c’est exactement la violence familiale?
 
Il existe de nombreuses définitions de la violence familiale. En général, elles font références aux personnes qui subissent le contrôle et la violence des membres de la famille, c’est-à-dire les gens qui sont censés les aimer. Dans les collectivités autochtones, le terme « famille » peut désigner un réseau familial étendu. Les définitions de la violence familiale précisent les types de mauvais traitements associés à la violence familiale, notamment :
  • les sévices (frapper, gifler, donner des coups de poing, etc.);
  • la violence émotive (rabaisser, accuser, menacer, etc.);
  • l’exploitation financière (contrôler l’argent);
  • la violence sexuelle (soumettre à des actes sexuels non désirés);
  • la violence spirituelle (nier les croyances spirituelles ou en rire).

Les enseignements de la route médicinale peuvent nous aider à comprendre les différentes formes de violence familiale et les sentiments qu’elle suscitent. La roue médicinale montre les dimensions intellectuelle, affective, physique et spirituelle de la personne. La violence familiale a des répercussions sur chacune de ces dimensions. La route peut nous aider à comprendre les comportements et les sentiments qui sont couramment associés à la violence familiale. Ces comportements et les sentiments qui sont parfois appelés les « indices » de mauvais traitements. Plus tard, vous pourrez utiliser la roue médicinale pour trouver des solutions à la violence dans les relations.

Qui sont les victimes de mauvais traitements?

N’importe qui peut devenir une victime de violence familiale. La violence familiale peut toucher les femmes, les enfants, les nourrissons, les jeunes, les hommes et les personnes âgées. Certaines personnes dans la collectivité sont plus vulnérables. Celles qui sont frêles, jeunes ou faibles sont plus à risque. Les femmes autochtones font face à des taux beaucoup plus élevés de voies de fait et de mauvais traitements préjudiciables que les femmes non autochtones.

Êtes-vous victime de mauvais traitements?

Consultez la roue médicinale pour les indices et les symptômes d’une relation nuisible. Si vous êtes aux prises avec les comportements et sentiments qu’elle décrit, vous êtes probablement victime de mauvais traitements. Vous n’êtes pas à blâmer pour ce qui vous arrive. N’oubliez pas que les mauvais traitements ne sont JAMAIS de la faute de la victime.
Indices et symptômes de violence familiale
Une approche fondée sur la roue médicinale
Medicine Wheel
 
Sévices :
Indices et symptômes
Violence Physique:
Sentiments et réactions
le « comportement »
le « tort »
• Vous frappe, vous donne des coups de pied, vous brûle, vous tire les cheveux, vous pousse.
• Prend votre argent, ne subvient pas à vos besoins fondamentaux (nourriture, abri).
• Menace de vous tuer ou de tuer vos
enfants ou vos animaux familiers,
endommage vos biens.
• Impose des actes et des attouchements
sexuels non désirés.

• Fractures, ecchymoses, brûlures.
• Effets sur la santé – sentiment général de malaise, tabagisme, fuite.
• Faim, vêtements et médicaments inadéquats.
• Toujours peur de dire un mot de travers.
• Grossesses non désirées, infections transmises sexuellement, fausses couches.

Violence psychologique :
Indices et symptômes
Violence psychologique :
Sentiments et réactions
le « comportement »
le « tort »
• Utilise des manœuvres psychologiques.
• Menace de s’en aller ou de vous faire du mal
• Fait du harcèlement criminel.
• Manifeste une jalousie extrême.
• Exige toute votre attention.
• Confusion.
•Tristesse, s’en prend violemment aux autres.
•Anxiété et peur.
•Culpabilité.
•Isolement par rapport aux amis et à la famille.
Violence émotionells:
Indices et symptômes
Violence émotionelle:
Sentiments et réactions
le « comportement »
le « tort »
• Vous ignore ou vous néglige.
• Vous critique, vous dénigre, vous lance des injures.
• Vous dit que vous êtes inutile et stupide.
• Déprimé.
• Incapable de prendre des décisions.
• Comportement autodestructeur (blessures volontaires, troubles de l’alimentation, drogues, alcool).
• Dégoût de soi-même.
Violence spirituelle :
Indices et symptômes
Violence spirituelle :
Sentiments et réactions
le « comportement »
le « tort »
• Se moque de vos croyances religieuses ou spirituelles.
• Déprécie tout ce que vous dites.
• Mécanismes d’adaptation négatifs (alcool, drogues).
• Perte d’espoir


*Si vous êtes victime de mauvais traitements, sachez que ce n’est pas de votre faute.

Pourquoi les gens victimes de mauvais traitements choisissent-ils de rester?

S’en aller n’est pas toujours facile. Voici quelques obstacles auxquels les victimes peuvent se heurter :
 
Déni Les victimes de mauvais traitements nient souvent le tort qu’elles subissent. Il est difficile d’admettre que la personne qui est censée vous aimer vous fait du tort. Souvent, les victimes ne « qualifient » pas ce qui leur arrive de mauvais traitements. D’autres peuvent leur dire que ces actes nuisibles sont normaux. Leurs amis peuvent dire que toutes les relations se passent de cette façon. Ils peuvent même dire qu’il n’y a rien de mal avec le comportement de violence et blâmer la faiblesse de la victime.
 
Blâme. Les gens peuvent dire à la victime que les mauvais traitements sont de « leur faute ». Ils peuvent dire que la victime s’en prenait à l’agresseur ou n’était pas un « bon » conjoint ou parent. Les agresseurs vont presque toujours dire que la victime est responsable. Éventuellement, la victime finit par se blâmer aussi.
 
Honte. La victime peut craindre que les gens dans la collectivité ne la croiront pas. Après tout, les mauvais traitements sont habituellement infligés à l’intérieur du foyer, et il est possible que l’agresseur soit connu et aimé de tout le monde. Il se peut qu’ils refusent de croire la victime. Ils pourraient même décider que la victime est une mauvaise personne.
Peur. Bon nombre de victimes craignent d’aggraver la situation en s’en allant, en appelant la police ou en recherchant de l’aide. L’agresseur peut endommager des biens, faire du mal aux animaux familiers ou les tuer, ou encore menacer de faire du mal à la victime, aux enfants ou à d’autres membres de la famille ou de les tuer si elle s’en va.

Loyauté. Les victimes refusent parfois de demander de l’aide pour éviter de créer de problèmes pour l’agresseur. Il se peut que les victimes ne fassent pas confiance au système de droit criminel et à la façon dont il traite les Autochtones. Elles peuvent penser qu’en demandant de l’aide de l’extérieur, par exemple appeler la police, elles trahissent leur propre culture. Elles peuvent penser qu’elles devraient être loyales à l’agresseur, qu’il s’agisse d’un conjoint, d’un conjoint de fait ou d’un parent.

Nulle part où aller. Il se peut que la victime n’ait nulle part où aller. Si elle vit dans la réserve, elle n’aura peut-être plus de logement si elle s’en va. La victime n’a peut-être pas droit au foyer si l’agresseur refuse de déménager. (Pour avoir de plus amples renseignements sur les questions relatives aux biens matrimoniaux, consultez la brochure Créer des relations personnelles saines, à l’adresse www.legal-info-legale.nb.ca.) Il se peut que la victime ait été vivre avec des membres de sa famille ou des amis lorsque les choses allaient mal, mais elle revenait toujours au foyer parce qu’elle n’avait pas assez d’espace. Les victimes âgées ou les enfants sont parfois entièrement dépendants des gens qui leur infligent des mauvais traitements; la victime peut aussi choisir de vivre avec l’agression plutôt que d’envisager une solution de rechange inconnue.

Quitter la collectivité. Se sortir d’une relation veut parfois dire quitter la réserve, sa famille, ses amis et son réseau de soutien naturel. Dans ce cas, la victime peut se sentir seule et isolée du reste de la collectivité. Les enfants de la victime peuvent aussi se sentir tristes ou fâchés d’avoir à quitter leurs amis.

Laisser sa culture. Si la victime doit quitter la réserve pour mettre fin à la relation, cela veut dire qu’elle doit abandonner la culture autochtone et peut-être sa langue et vivre dans des situations qui lui sont étrangères. Elle pourrait aussi avoir à renoncer à plusieurs autres avantages.

Manque d’argent et de soutien. La victime pourrait ne pas avoir de façon de subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants si elle quitte l’agresseur. Elle pourrait décider qu’elle préfère recevoir des coups à l’occasion que de dépendre de l’aide sociale ou d’obtenir du soutien et des services d’organismes non autochtones qui ne comprennent peut-être pas ses besoins

Intérêt des enfants. Bon nombre de femmes restent dans une relation violente parce qu’elles pensent qu’il est préférable pour les enfants d’avoir les deux parents à la maison. Toutefois, les recherches montrent que les enfants qui sont témoins des mauvais traitements que subit leur mère en ressentent les effets. Ils sont plus susceptibles d’avoir des troubles affectifs, d’avoir de la difficulté à l’école ou d’éprouver de la colère. Ils pourraient, une fois adultes, imiter le modèle qu’ils connaissent et adopter un comportement violent. Au Nouveau-Brunswick, les lois axées sur la protection des enfants reconnaissent que l’exposition à la violence familiale pourrait être une raison suffisante de retirer les enfants de leur foyer si leur développement et leur sécurité sont à risque.

Qu’en est-il de l’agresseur?

Habituellement, lorsque les gens manifestent un comportement haineux et violent, ils ont beaucoup de problèmes. Ils ont peut-être eu une enfance difficile. Ils ont peut-être perdu un emploi. Ils sont peut-être aux prises avec un problème de toxicomanie. Ce ne sont pas des excuses pour un comportement violent. Les gens doivent assumer la responsabilité de leur comportement. L’agresseur a également besoin d’aide. Il peut peut-être obtenir de l’aide afin de trouver des façons non violentes et saines de faire face à ses sentiments et d’exprimer ses sentiments de colère et de frustration. Parfois, les deux membres du couple peuvent obtenir de l’aide. Si cela n’est pas possible, la victime devra peut-être quitter la relation pour obtenir de l’aide. Si les enfants sont témoins des mauvais traitements, ils peuvent aussi obtenir de l’aide. Il est possible d’obtenir de l’aide pour les victimes, les agresseurs et les enfants dans les réserves et en dehors des réserves et auprès de conseillers traditionnels et non traditionnels, de conseillers spirituels et de professionnels.

Si vous faites mal aux gens que vous aimez, vous devriez obtenir de l'aide pour faire face à votre douleur, à votre colère et à votre comportement de contrôle ou de violence.

La violence familiale comprend-elle aussi les mauvais traitements infligés aux enfants?

Oui, lorsque la violence familiale touche les enfants, on parle de « violence faite aux enfants ». Les enfants peuvent être victimes de la plupart des formes de violence décrites ci dessus. Nos lois en matière de protection de l’enfance considèrent qu’exposer les enfants à la violence des adultes est une autre forme de violence envers les enfants, même s’ils ne sont pas eux-mêmes victimes de sévices ou de négligence. Les conséquences de la violence envers les enfants peuvent être dévastatrices et durer toute la vie. De plus, les enfants témoins ou victimes de mauvais traitements sont plus susceptibles de s’en prendre à leur partenaire et à leurs enfants lorsqu’ils sont en colère ou lorsqu’ils perdent la maîtrise de soi. Pour avoir plus de renseignements concernant la violence faite aux enfants et les répercussions de cette violence sur les enfants, consultez notre site Web, à l’adresse www.lessenstiersdelaguerison.ca.

La violence cesse-t-elle lorsque les gens vieillissent?

Pas nécessairement. Lorsqu’il existe une tendance à la violence physique dans une relation conjugale, le comportement de violence se maintient souvent au fil des ans, sans égard à l’âge des conjoints. En général, les membres plus âgés d’une famille qui sont victimes de la violence de personnes autres que le conjoint sont plus susceptibles d’être victimes de négligence, de violence émotive ou d’exploitation financière que de sévices.

Lorsque la violence familiale a lieu dans le plus grand secret, quelles sont les conséquences pour la collectivité?

Souvent, les gens qui sont victimes de violence sont malheureux et ne sont pas des membres productifs de la société. Ils ne peuvent pas donner toute leur mesure. Ils pourraient même adopter des comportements qui nuisent aux autres dans la collectivité, par exemple se tourner vers l’alcool ou les drogues, commettre des crimes, s’enfuir ou peut-être se suicider. Lorsque les familles et les collectivités font face à des problèmes tels que la toxicomanie, le stress familial, la pauvreté, la criminalité et ainsi de suite, il y a plus de chances que les sentiments de colère et de frustration aboutissent à des actes de violence.

Que vous en subissiez les effets directs ou indirects, une chose est certaine : la violence familiale nuit à toute la collectivite. Tant qu’il y aura des gens qui souffriront de violence familiale, en tant que victimes ou en tant qu’agresseurs, il sera impossible pour la collectivité d’être forte.

Les sentiers de la guérison ne représentent pas un parcours individuel. C’est un parcours que toute la collectivité doit emprunterafin de favoriser des façons non violentes d’être et de vivre ensemble.